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A PLUME D'ELLES

Blog de littérature tenu par 5 auteures. Vous y retrouverez nos livres, nos chroniques, nos textes, mais aussi de la poésie et de la musique. Nous sommes Laetitia Cavagni, Cécile Ducomte, Bella Doré, Zéa Marshall et Bianca Bastiani. Laetitia cavagni, poètesse avant l'heure Auteure après quelques heurts Écrit l'amour, la vie Tissent des liens dans ses mots Son premier roman ARYTHMIES Vous emporte en poésie. Cécile Ducomte, musicienne de cœur, de passion et de métier, raconte dans ses romans ses rêves lucides futuristes ou fantastiques, écologistes et profondément humanistes. Son premier roman "Natures retrouvées" est paru aux éditions Le Lys Bleu en 2019. Son second roman "L'appel de Clara" sera publié d'ici quelques semaines chez jdh éditions. Bella Doré est femme de militaire, auteure de romance et cinéphile... Son premier roman s'intitule Cœurs de Soldats : Parce que c'est toi... Zéa Marshall, auteure de romances débridées et sexy, bretonne et angevine de coeur, elle s inspire des lieux qui l entourent pour dépeindre ses histoires. Son premier roman, doutes, la part des anges à paraitre. Bianca Bastiani, auteure du roman autobiographique Cendrillon du trottoir chez Jdh édition. Mystérieuse, elle se présente toujours masquée. Féministe convaincue, elle porte la parole des victimes.

Printemporel ou la poésie de la violence

Printemporel ou la poésie de la violence

              

 

Il se nomme Printemporel et nous raconte l'espoir d'une femme. Une femme qui tente de se réchauffer au soleil d'un hiver perpétuellement glacial.

Elle se nomme Isabelle et elle le rencontre cet homme qui nous fait chavirer par ses promesses, son regard en demande constante que tout soit à sa mesure.

 

Il est Karl. L'homme. Le seul mais durant un temps. Le temps de la malaxer suffisamment cette femme pour en faire son objet.

Il ne la malaxe pas avec douceur. Il la projette contre ses poings.

Il la veut. Il l'utilise. Il la possède. Son corps est à lui. Sa vie est à lui. Mais pas son cœur.

Isabelle aimera éperdument un autre homme. Chut ! Je vous tairais son prénom d'homme aux notes sensuelles pour ne pas tout vous révéler de ce magnifique et élégant roman.

 

« Un prénom d'une rare classe.

Simple et efficace.

À ses côtés, j'avais été prise d'une envie viscérale de sortir mes valises.

De les remplir.

Et de partir. »

 

Venez découvrir l'écriture poétique, caressante de Louise Frottin.

Elle fait d'Isabelle une femme passionnée par la vie et malgré ces violences qu'elle subit au quotidien. Dans son quotidien de violences conjugales.

 

Je ne me suis pas posée la question que nous allons tous nous poser face à ses douleurs et ses sacrifices : Pourquoi ne le quitte t-elle pas ?

Et, par la suite, Pourquoi ne rejoint-elle pas cet autre homme ?

Pourquoi ? Pourquoi donc Isabelle ?

J'ai été emportée dans son récit et j'ai attendu qu'elle se délivre et me délivre à travers sa potentielle décision de le quitter.

 

Car Karl ira loin dans ses gestes et ses mots. Il la détruira si fort qu'elle ne se sentira plus une existante. Sera t-elle une survivante ?

 

Ce roman nous maintient dans une atmosphère pesante mêlée à une lumière presque aveuglante.

Nous avons peur. Nous étouffons souvent mais nous aimons ces descriptions de cette maison qui devient son cœur à notre Isabelle.

Elle l'aime. Elle la fait sienne. C'est sa racine. Cette maison l'ancre dans la violence de son homme mais aussi, étrangement, dans son souffle de vie à elle en tant que

 

femme. Cette maison est cette vie qu'elle ne fera jamais naître au grand dam de Karl mais pas au sien. Cela sera un lien que son corps ne pourra pas tisser

 

Bien sûr qu'elle tentera de s'extirper, de se désengluer. Bien sûr qu'elle aimerait ne plus vivre dans cette terreur.

 

Elle se créera un rythme de vie qui pourrait l'aider à éviter les brimades diverses.

Seulement, l'auteure nous fait parfaitement comprendre que quelque soit le comportement d'Isabelle, rien, absolument rien, ne la sauvera de cette violence.

Et pourtant, l'écriture douce et tendre de Louise Frottin nous préserve de ce qui nourris cette ordure d'homme.

 

« J'avais fait comme d'habitude, une routine bien huilée.

Tout s'était déroulé à merveille.

J'avais ouvert le placard de l'entrée. (…)

 

Mardi était un jour ordinaire. »

 

Tout ce roman est un drame absolu. Le drame de la violence. Il est écrit avec la plume poétique de louise Frottin. Alors, la pilule passe mieux. L'oppressant devient supportable. L'insupportable devient presque beau.

 

Laisse les choses aller

Laisse les choses partir

Laisse les choses se produire

Rien

Dans ce monde

Ne t'étais promis

Ni ne t'appartient

Tu ne possèdes que toi-même

Rupi Kaur

 

Printemporelle par Louise Frottin

JDH éditions

 

 

Laetitia Cavagni

Poétesse et écrivaine

 

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